Etape 3 - Marathon de NewYork 2014 

4 jours après l’événement, il est temps de regarder dans les rétroviseurs et de faire un retour sur cette expérience Marathonnienne de NewYork. Car oui, on parle ici de bien plus qu’un « simple » marathon. NewYork est vraiment La Mecque du runner où le temps d’un weekend, la 3ième plus grande ville au monde bat au rythme du running. Tout y est absolument démesuré: l’organisation, le nombre de participants, la couverture médiatique, les spectateurs. Le spectacle est aussi bien sur le macadam qu'aux abords de la course. Retour sur quelques jours qui resteront gravés dans ma mémoire pour longtemps. 

Une ville marathon

Comme je le disais dans mon introduction, tout NewYork se met au diapason du marathon. Mais l’immersion commence bien avant votre arrivée dans la grosse pomme. En effet, dès mon embarquement à Charles de Gaulle, je remarquais beaucoup de touristes dans un accoutrement qui ne laissait guère de doute quant à leur destination finale. Tout comme un touriste allemand en vacances dans le sud de la France, un marathonien se distingue assez facilement du reste de la masse (montre cardio au poignet même pour prendre l’avion, Ascis Nimbus 15 comme chaussures de marche et sac à dos du dernier Marathon de Berlin 2013). Il y a ensuite le passage obligé par le Jacob K. Javits Convention Center pour retirer votre Bib number. Etonnement, je ne l’ai pas trouvé aussi immense que cela. Notre Running expo n’a rien à envier à celui de NewYork (sauf peut être le panier moyen car autant vous dire que le marathonien à la carte bleue facile). Je retrouve avec bonheur toute l’équipe Peace & Sport ainsi que mes amis Jean pierre et les jumeaux Marlault. Le vendredi soir, un énorme feu d’artifice lancé depuis central parc vient lancer officiellement ce weekend marathonien. Nous y assistons de loin en rejoignant toute l’équipe pour une sorte de pré pasta partie dans un restaurant que nous avait recommandé notre Néo NewYorkais JP.

Elle a insisté pour la photo ;-)
Elle a insisté pour la photo ;-)

Rencontre avec LA championne

Le rendez vous était donné à 12h ce samedi avec la team Peace&Sport afin de rencontrer l’une de ses ambassadrices les plus célèbres : Paula Radcliffe (triple vainqueurs ici et détentrice du record du monde en 2h15m25s). Il fait un temps à ne pas mettre un orteil dehors mais nous sommes une petite troupe à braver les éléments en attendant notre championne. Elle arrive enfin, gelée après avoir fait une reconnaissance du parcours à moto (elle commentera la course pour ESPN). Nous en profitons pour prendre quelques photos et JP tel un Nelson Montfort pour lui poser quelques questions, GoPro au poing. Et cerise sur le pudding, j’ai eu l’occasion de faire une petite balade en tête à tête avec cette grande championne car nos lieux de villégiatures se trouvaient être dans le même quartier. Elle me confie qu’après son baroude d’honneur au marathon de Londres 2015, elle aimerait courir pour le plaisir et s’aligner sur des courses plus « fun » et que l’un de ses parcours d’entrainement favoris est le sentier du littoral de Cap d’Ail à Monaco (pour l’avoir parcouru à moult reprises, je confirme, c’est un endroit vraiment magique pour se dégourdir les jambes).

Trashback collection AW14
Trashback collection AW14

Le départ : a pain in the “neck” pour rester poli

Avant de parler de la course à proprement parler, je pense qu’un paragraphe s’impose sur le « pain point » de ce marathon LE DEPART. Remettons nous en situation. Nous sommes dimanche matin, il est 7h, je retrouve Sylvain, Yvan, Chiara pour prendre le Staten Island Ferry. Cette partie reste encore bon enfant, j’ai encore bien bien chaud sous mon sac poubelle. 20 minutes plus tard, nous voici sur Staten Island, nous prenons un bus pour une vingtaine de minute. Arrivée sur zone, j’ai l’impression d’arriver dans un camp de réfugiés suite à une catastrophe naturelle. Il fait à peine 5°C, un vent glacial de 80km/h souffle et tout le monde tente de se réchauffer comme il le peut avec des vêtements de fortunes ou des couvertures de survies. Je me fraye un passage jusqu’à mon SAS 30 minutes avant le départ et là, surprise, on ne me laisse pas passer. J’insiste mais rien à faire. Je vois donc ma vague déguerpir et doit encore attendre 30 minutes dans ce froid sibérien que j’optimise en allant faire 30 minutes de queue pour aller soulager ma vessie. Car OUI, ce n'est pas comme à Paris où les Champs Elysées se transforme chaque premier weekend d'Avril en urinoir géant. A NewYork, pas de soulagement sauvage sous peine de disqualification !!! Je brûle énorme d’énergie car je n’arrive pas à me réchauffer, le coup de canon de la deuxième vague sonne donc pour moi comme une délivrance absolue. Ce départ constitue en quelque sorte la face obscure de ce marathon, celle que l’on souhaite oublier rapidement ou que l’on préfère taire. Mais ce départ a juste été pour moi une grosse galère et je vais le payer très rapidement !!!    


J’ai encore mal pour moi rien qu’en regardant ces photos !!!

Le ligne tant rêvée !!!
Le ligne tant rêvée !!!

Une ligne d’arrivée de 26.2 miles

Au coup de canon, je m’élance dans les premiers de cette seconde vague et là mes 68 kg ne font guère le poids face au bourrasque de vent qui balaie littéralement le gigantesque pont du Verrazano. Mais j’ai vraiment un sentiment d’euphorie pendant ces premiers kilomètres. Quel bonheur et privilège de pouvoir fouler ce bitume tant rêver. Je me sens vraiment bien et cours à mon allure prévue de 4’23 du kilomètre. L’ambiance est juste magique. Dès votre arrivée sur Brooklyn, il y a des spectateurs partout. Une foule compacte qui vous donne l’impression que la ligne d’arrivée n’est qu’à quelques encablures. Tout va donc pour le mieux sur le plus beau des marathons, je passe le semi en 1h31 comme convenu quand soudain au 24ième kilomètre…rideau ! une énorme fringale m’attrape et me stop net. Je vois des étoiles, ma vue se trouble légèrement. Je m’arrête à la croix rouge pour demander quelquechose à manger mais n’ont rien à me proposer. Je repars donc légèrement hébété et heureusement, une spectatrice bien intentionnée me propose quelques centaines de mètres plus loin des bretzels et une banane que j’avale d’une traite avec un grand verre de Getorade. Je repars péniblement et les 16 kilomètres me séparant de la finish line ne resteront certainement pas parmi mais plus hauts faits d’armes. Je cours, je marche, je m’arrête, je « courrote » en somme. Je n’ai plus de jus, plus rien !!!! ma chérie me redonne un peu de courage au 39ième kilomètres, juste ce qu’il faut pour franchir la ligne en 3h27m.      

Once in a running life time !

Alors je mentirai en disant que mon chrono me satisfait après temps d’heures d’entrainement mais celui-ci restera anecdotique tant l’expérience globale de ce marathon est fantastique. Je mesure la chance que j’ai pu avoir de le boucler surtout après cette grosse déconvenue de 2012. Tout est gigantesque dans ce marathon : le parcours, le nombre de participants, la ferveur populaire, … je n’ai jamais été autant félicité par des badauds qu’en rentrant à mon appartement. J’avais un sentiment étrange d’avoir pris part à quelque chose d’exceptionnelle, d’avoir fait quelque chose d’exceptionnelle. Pourtant ce n’est que de la course à pied. Cela doit constituer ce que l'on appelle une différence culturelle. Mais je retiendrai surtout que d’être « marathonien » dépasse le simple fait de courir, c’est un état d’esprit, une manière de se sentir vivant, de se sentir exister !!! franchir une ligne d’arrivée est un sentiment absolument indescriptible !


Je souhaiterai tirer un grand coup de chapeau à la team Peace & Sport qui a été juste au top (Sylvain, Chiara, Yvan, …), à Adrien, Baptiste et Hassan pour leurs superbes performances respectives, à Pascal qui boucle enfin (et dans la douleur) ce marathon mythique, à JP pour avoir couvert ce marathon comme un vrai journaliste et bien entendu à Abi pour son soutient aussi bien moral que logistique ! 

 

Prochaine étape - La Saintelyon .... affaire à suivre ;-)

 

Sportivement

 

Pierre


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Commentaires : 5
  • #1

    Vincent (jeudi, 06 novembre 2014 23:51)

    Et bien ma foi! Je pense clairement que ce marathon ne se court pas comme les autres. Ici la perf à sans doute moins d'importance. Si je devais y aller un jour...
    On se croise dans le gymnase à Saint-Etienne ;)

  • #2

    philippe (vendredi, 07 novembre 2014 15:50)

    Une belle leçon de courage qui va sûrement te servir pour la suite :) !

  • #3

    Pierre (samedi, 08 novembre 2014 10:12)

    Je pense que l'on va tous se voir à St Etienne en Décembre ! le fin mot de l'histoire : une expérience exceptionnelle / un marathon à oublier pour moi ;-)

  • #4

    Jean-Pierre Run Run (samedi, 08 novembre 2014 15:04)

    Un mauvais chrono mais une belle expérience ? New York n'est pas une course comme les autres. Tu en es l'exemple. J'ai été ravi de partager une partie de l'aventure avec vous.

  • #5

    juliendjozikian (samedi, 08 novembre 2014 22:22)

    sacré passage à vide... sauvé par l'ambiance ;)
    bravo pour l'enchainement et avoir su repartir par si lentement !