Saintélyon 2014 - le débrief

Les partants: Laure, votre serviteur, Jerem et Fabienne !
Les partants: Laure, votre serviteur, Jerem et Fabienne !

Pour conclure cette année running 2014, j’avais décidé il y a de ça quelques mois de prendre part à l’un des plus célèbres trails de l’hexagone : La 61ième édition de la Saintelyon. 72km de chemin sur les crêtes des Monts du Lyonnais entre Saint Etienne et Lyon avec cette singularité de débuter à minuit. Cette épreuve sera mon deuxième Ultra (L) de ma vie et de l’année après l’éco-trail en début d’année. 

Avec 60 éditions au compteur, autant dire que l’expérience, les organisateurs l’ont. Tout est bien géré, de la récupération des dossards à la douche de fin de course, un sans faute ou presque. Eh oui, nos GO de l’agence Extra ne pouvait pas prévoir une grève inopinée des trains régionaux qui a obligé bon nombre de coureurs à emprunter les navettes. Et puis n’oublions pas que l’événement numéro un de ce weekend Lyonnais n’est pas cette joyeuse bande de coureurs noctambules mais la fête des Lumières qui drainent un nombre impressionnant de touristes et qui rend les déplacements dans la ville assez compliqué. Mais trêves de galéjades, revenons de manière chronologique sur ma course.

19h45 - J’emprunte l’une des dernières navettes qui emmènent les 6000 participants entre 16h et 20h vers le lieu de départ : le parc des expositions de Saint Etienne. Jusqu’à présent je ne me rends pas encore bien compte de la taille de l’événement car je n’ai pas encore croisé énormément de coureurs. Je ne prends la pleine mesure de la ferveur autour de cette épreuve qu’au moment de franchir les portes du Parc des expo. Là, je trouve des milliers de runners massés les uns aux autres. Chacun essayant de s’octroyer un petit espace vital afin de patienter avant le départ. Cela s’apparente plus à un camp de réfugier qu’autre chose. Certains, que je suppose être des vieux de la vieille, sont équipés comme s’ils allaient camper là pour les 3 prochaines semaines (matelas pneumatique, sac de couchage, coussin, boule quies ne manque que le réchaud et la tente) et moi en bon lapereau, je n’ai rien prévu pour patienter avant le départ. Heureusement que Mathieu avait un bout de sac de couchage à me prêter.

Le premier ravito #Pastaparty
Le premier ravito #Pastaparty

22h – Après une bonne pasta party partagée avec Greg, Sylvain, Laurent, Mathieu et Benoit. Nous regagnons nos pénates temporaires. Je croise énormément de têtes connues et d’amis. On papote tranquillement avec Benoit et Mathieu tout en se préparant tranquillement. Je n’ai prévu que 2 couches de vêtements. Je me demande si cela sera assez même si c’est du costaud (Icebreaker). Des boissons chaudes sont mises à notre disposition. Jusqu’ici tout va bien.

23h30direction la zone de départ où plusieurs vagues sont mises en place dépendamment du temps visés. Je vous le dit de suite, ce n’est pas le Semi de Paris où, vouloir entrer dans un autre SAS que celui qui vous a été attribué, est aussi aléatoire que de rentrer au Duplex en basket blanche avec 2 potes passablement éméchés. Vous pouvez assez facilement passer d’un SAS à l’autre. Je me faufile dans la deuxième vague et je croise avec plaisir Mathilde qui après l’OCC cet été s’attaque à la Sainté !

La deuxième vague à m-5 #timetorun
La deuxième vague à m-5 #timetorun

00h – c’est au son d’une célèbre chanson de U2 que le départ est donné. 6000 loupiotes qui vont s’égrainer entre Saint Etienne et Lyon pendant les prochaines heures. J’appréhendais énormément les conditions climatiques car certaines éditions précédentes avaient été dantesques avec du verglas, de la neige, du grand froid. Il semblerait que dame nature ait décidé d’être clémente avec nous cette année car avec un 0 degré au thermomètre et aucunes précipitations, autant dire que c’est Byzance ! Les 9 premiers kilomètres de bitume sont avalés assez rapidement en compagnie de mes comparses Benoit et Mathieu. On papote encore un peu mais petit à petit on se met chacun dans notre course. Les choses sérieuses commencent réellement lorsque nous attaquons les monts du Lyonnais. C’est à ce moment que j’ai pleinement embrasser la beauté de l’événement : ces milliers de points blancs dévalant en S les collines tel une descente au flambeaux, cette tonnelle de verdure recouverte de neige qui donnait un effet psychédélique avec nos frontales ou ces supporters bravant le froid avec leur brasero improvisé. Bref, je suis encore à un stade contemplatif.

Ravito en mode flash Gordon. Je ne me suis pas éternisé
Ravito en mode flash Gordon. Je ne me suis pas éternisé

1h23St Christophe, premier ravito : j’arrive très frais et en 449ième position à ce premier ravito. Je ne m’éternise pas, même si l’étale de victuailles qui s’offre à moi me donne envie de me poser et de prendre mon temps. Allez, un verre de pepsi, une compote, un bout de saucisson et me voilà reparti. La suite ne sera que boue, cailloux et une petite bise venue du nord pour bien nous rafraichir. Un terrain où les Hoka Rapa Nui ont simplement excellé. Elles débourrent très efficacement, encaissent les caillasses parfaitement. Elles manquent peut-être un peu d’étanchéité mais sinon rien à signaler, elles font le job ! je n’en dirais pas autant de ma Petzl RXP. La batterie a tenu la distance par contre les 215 Lumens ne sont guère suffisant pour vous éclairer décemment. Je pense que les 575 Lumens d’une NAO aurait été plus approprié. J’ai vu certains coureurs me doubler avec la NAO et j’avais l’impression qu’une BMW GS 1200 dernière génération me doublait tant l’éclairage était puissant ! 

5h28Soucieu, quatrième ravito: 55km parcouru depuis Saint Etienne et je me sens encore très bien, j’arrive donc gaillardement en 552ième position. Ma genouillère Zamst RK1 a jusqu’ici rempli sa mission de maintenir mon genou. Je décide de m’arrêter 5 bonnes minutes. Je prends un café, des madeleines et m’assoit avec une certaine délectation. Et là, c’est le drame ! lorsque que je me relève, une sensation s’apparentant à une décharge électrique me cisaille le genou. J’essaie de m’étirer, j’enlève ma genouillère mais rien y fait, le mal est là…il me reste pas loin de 20km à parcourir et il ne me quittera pas !!! impossible de courir correctement ou de descendre avec relâchement. Je me refroidis, heureusement que les Merinos Icebreaker qui me recouvrent conservent efficacement la chaleur car sinon c’eut été la pneumonie assurée. Ces derniers kilomètres sont un véritable calvaire. 3h où je me demande encore comment mon cerveau ne m’a pas simplement dit : « écoute, là Pierre tu déconnes. Arrête car tu me fatigues ! en tout cas ne compte pas sur moi pour te soutenir » 

Le repas qui réchauffe les coeurs et les corps !
Le repas qui réchauffe les coeurs et les corps !

8h24Gerland – c’est sous un ciel gris que je vois enfin s’augurer la fin de mon chemin de croix avec en point de mire le palais des sport de Gerland. 150m / 100m / 50m, la jolie tête blonde de ma chérie pour m’accueillir et enfin l’arrivée qui reste toujours un moment vraiment particulier, indescriptible, personnel, émotionnel ! une nuit d’effort pour ralier Lyon et une aventure humaine hors norme ! je suis vraiment heureux d’avoir bouclé cette course mythique sur une jambe et demi.  Et pour clore ce weekend riche en émotion et en effort, qui de mieux qu’une bonne bouffe dans un fameux Bouchon Lyonnais entre amis.

 

Verdict

 

La Saintelyon est bel et bien une course à part. L’ambiance, la nuit, le froid, la neige, la difficulté. Malgré ce gros pépin physique qui m’a beaucoup diminué sur la fin, je pense que j’ai plutôt bien géré cette course longue distance. Mon équipement était idéal ou presque . Les Hoka RapaNui m’ont apporté entière satisfaction (pas une ampoules), la laine Mérinos de chez IceBreaker m’a gardé au chaud pendant toute la course. Je me suis bien alimenté, pas une seule fringale. J’avais remplacer des gels par la boisson Duo Tonic et bien m’en à pris.  Je pense toutefois avoir trop chargé mon sac Salomon Skin Pro au départ. 1 litre d’eau eut été amplement suffisant (pas 1.5 L) et moins de nourriture vu les généreux ravitos mis à notre disposition. Par ailleurs, si c'était à refaire, j’utiliserais une lampe plus puissante car la RXP était un peu juste en pleine nuit. Pratice makes perfect comme dise nos amis anglo-saxons, je corrigerais ces points lors de mon prochain ultra. Mais ça, ça sera pour 2015 car pour l’heure le repos du guerrier a sonné !!! place aux festivités de fin d’année ! 

 

Sportivement

 

Pierre


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Commentaires : 4
  • #1

    Thepinkrunner (samedi, 13 décembre 2014 15:40)

    Bravo pour ton courage et ta belle course, repos de la bête maintenant avant de nouveaux exploits!

  • #2

    Greg Runner (mardi, 16 décembre 2014 14:36)

    Un peu déçu pour toi que ton genou ait bloqué. Cela rend d'autant plus grand l'exploit d'arrivé au boit avec près d'un tiers du parcours avec un genou en moins.
    Un grand bravo donc et au plaisir de te recroiser sur une prochaine course!

  • #3

    Mathieu (mardi, 16 décembre 2014 18:22)

    Encore Félicitation Pierre! Le temps que tu arrives à faire avec cette blessure t'ouvre la voie de la Saintélyon d'or la prochaine fois!!

  • #4

    Pierre (mardi, 16 décembre 2014 22:47)

    Merci les boys, ça fait plaisir. Je ne sais pas pour vous mais j'ai vraiment envie de retenter l'aventure ;-)